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Séminaires du Pôle IPM – 26 juin 2012 – 13h30

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Jean-François Vian – ISARA Lyon

Adoption des pratiques issues de l’agriculture de conservation en Agriculture Biologique : quels impacts sur la fertilité des sols

Séminaires du Pôle IPM

Salle de conférences inra Dijon – 26 juin 2012 – 13h30

 


 

L’agriculture de conservation (AC) se construit autour de la mise en oeuvre de 3 grands principes de gestion des agrosystèmes : (1) perturbation minimale du sol, (2) protection du sol via le maintien d’une couverture végétale permanente en surface, (3) diversification des rotations et associations de cultures. La diversité des conditions de production et des besoins des agriculteurs conduit à une forte diversification des pratiques résultant de l’adaptation locale de ces 3 principes. Il s’agit donc d’une famille de systèmes de culture ayant en commun l’abandon du labour et le maintien d’une couverture végétale composée de résidus de culture et/ou de plantes de couverture insérées dans la rotation.
Les relations entre AC et agriculture biologique (AB) ont été souvent conflictuelles. Si ces deux formes d’agriculture alternative revendiquent une forme de production plus respectueuse de l’environnement, les moyens utilisés peuvent apparaître contradictoires : ne pas travailler le sol pour préserver cet écosystème en AC au risque d’utiliser plus d’intrants chimiques versus ne pas utiliser d’intrants chimiques en AB quitte à travailler le sol de manière intensive pour lutter contre les adventices. On assiste pourtant à un rapprochement de l’AB et de l’AC porté par (1) la volonté des agriculteurs en AC de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires par un raisonnement sur les rotations et les cultures intermédiaires sur lequel l’AB a acquis des connaissances et des expériences plus anciennes (2) la volonté des agriculteurs en AB de réduire le travail du sol pour des raisons économiques, environnementales et agronomiques. Cependant, la suppression du labour est plus difficile en AB et doit faire face à deux enjeux techniques majeurs que sont la nutrition azotée et phosphorée et la maîtrise des bioagresseurs (ravageurs et adventices) en l’absence d’intrants chimiques. L’ISARA-Lyon conduit des recherches depuis une 10aine d’années sur le non labour en AB dans la région Rhône-Alpes dans un double objectif : comprendre comment le statut organique et la biologie du sol vont être modifiés par les techniques de travail du sol et adapter les techniques sans labour aux spécificités de l’AB. Pour répondre à ces questions nous combinons des recherches sur un site expérimental où sont testées différentes modalités de travail du sol (site de Thil) et un réseau de parcelles d’agriculteurs de la région Rhône Alpes. Chaque terrain inclut un dispositif de recherche sur le non labour et les couverts végétaux (associations végétales blé-légumineuses fourragères ou interculture).
Le terrain AB croise les deux questions de la simplification du travail du sol et de la mise en place de couverts végétaux. Sur ces dispositifs nous suivons différents indicateurs agronomiques : performances des cultures, densité-diversité des adventices, maladies et ravageurs et fertilité du sol (MO, structure, activité des organismes du sol…).
Ce séminaire portera essentiellement sur la fertilité biologique du sol. Nous avons suivis différents indicateurs biologiques depuis la mise en place du site expérimental de Thil en 2005 (vers de terre, macrofaune totale, indicateurs microbiens, nématofaune…). D’une manière générale, on observe une augmentation de la quantité de microorganismes et de la plupart des activités microbiennes au sein des modalités les moins perturbées mécaniquement. La structure génétique des communautés microbienne se distingue également entre les modalités testées. Les indicateurs basés sur une analyse de la faune du sol discriminent les modalités les plus extrêmes sur le site expérimental. Il semble qu’un travail du sol profond réduit la biomasse de certains taxons de la faune du sol. Enfin, la structure des communautés de nématodes est également affectée par le type de travail du sol appliqué et semble rendre compte d’une modification globale de la biocénose du sol.
La mise en oeuvre des pratiques de l’AC en AB semble donc améliorer la fertilité biologique du sol mais pose d’autres problèmes tels que la maitrise des adventices ou la nutrition des cultures. L’objectif étant aujourd’hui d’étudier l’influence des techniques de travail du sol combinées à l’utilisation de couverts végétaux ou d’associations de cultures pour préserver la fertilité du sol et améliorer les performances des cultures à long terme.

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